Cinquième étape : N’Djamena, Bangui, 4h40 de vol

La soirée d’adieu a été chaude et le réveil à quatre heures du matin est diversement apprécié. Le temps est gris, à Bangui, il y a de l’orage. Dix minutes après notre décollage, l’air-port nous passe 6000 mètres de visibilité, il était temps.

Nous ne voyons rien du Tchad car nous volons au-dessus de 8/8. Nous retrouvons le sol au niveau de la frontière de la République Centrafricaine. Là, nous faisons connaissance avec le F.LT. (Front Inter Tropical). Après un large détour de plus d’une heure, pour ne pas traverser une ligne de grains, un passage s’offre à nous avec au fond une tache claire annonciatrice de meilleur temps.

Pendant dix minutes, c’est la séance de montagnes russes. Heureusement les bagages sont bien arrimés… Pour des néophytes comme nous, c’est assez impressionnant de se retrouver trois-quart dos sans avoir rien demandé à personne. Derrière, c’est le ciel de traîne avec un peu de pluie. J’en profite pour remercier M. Legros, notre sympathique météo, d’une précieuse documentation sur la météorologie africaine. Voir une forêt d’arbres, hauts d’une bonne vingtaine de mètres, onduler sous le vent comme un vulgaire champ de blé est à la vérité assez impressionnant, et mieux vaut ne pas penser à la panne moteur !

Nous arrivons sans encombre à Bangui où nous découvrons la chaleur humide. Ici, un propriétaire de Régent,  » Moissiat  » nous sert de Cicérone. Après une vidange des avions, nous attendons trente-six heures que la météo veuille bien nous laisser partir. C’est la saison des pluies et nous le constatons avec amertume.

Découverte de Bangui

Bangui est une très belle ville, très étendue, mais dispersée dans une nature luxuriante portant des arbres et des fleurs. Le fleuve Qubangui qui coule au pied de l’hôtel constitue la frontière avec le Zaïre.

Bokassa le jour de son couronnement le 4 décembre 1977.

On ne peut parler de la République Centrafricaine sans en connaître le chef « le maréchal Bokassa » président à vie. Ce curieux personnage, haut en couleur, ancien sous-officier de l’Armée Française, a beaucoup de traits communs avec le trop fameux Amin Dada. Deux anecdotes architecturales… L’avenue du président Bokassa, située en pleine campagne, est assez impressionnante et laisse les Champs-Elysée loin derrière de par sa taille. C’est en fait la piste de l’ancien aéroport.

Le monument à la coopération est aussi d’un symbolisme extraordinaire. – Situé sur la place Valéry Giscard d’Estaing, il est constitué par une statue en pied du maréchal président à vie, le regard fixé « sur la ligne bleue des Vosges ». Cette ligne pour qui veut bien suivre le regard, s’avère être une Croix de Lorraine, brillamment illuminée comme une enseigne de « boîte à strip » de Pigalle. Dans ce pays, il vaut mieux avoir l’appareil-photo dans la valise, car un arrêté, affiché partout, interdit beaucoup de prises de vue. Entre autres, on peut y lire qu’il est interdit de photographier des scènes montrant des brutalités policières, ou pouvant en général présenter le pays sous un jour indigne de lui.


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